Une fois n’est pas coutume, l’heure est en France à une « réforme » du système des retraites. Or, après une infinité de rustines toutes aussi insuffisantes les unes que les autres, il semblerait que le nouveau geste pressenti aille toujours dans le même sens : le maintien du système des retraites par répartition. Et comme tout changement est généralement en pire dans l’Hexagone, autant bien accrocher sa ceinture…

Le système par répartition : une aberration morale et intellectuelle

Quel est, dans ses grandes lignes, le système de pensions actuellement en vigueur sous nos latitudes ? Il s’agit d’un système dans lequel les actifs cotisent pour payer les retraites actuelles, et se créent ainsi des droits pour eux-mêmes jouir à l’avenir de pensions prélevées sur les cotisations des futurs actifs.

Il n’échappera à personne que ce principe implique qu’au commencement les premiers retraités n’avaient jamais cotisé pour aucun retraité mais captaient malgré tout les cotisations des actifs. Cela vicie dès le départ le système des retraites par répartition, échafaudage bâtard décrété après la Seconde Guerre mondiale par l’influence socialo-communiste qui, paradoxalement, s’appuyait comptablement sur une croissance économique et démographique aux perspectives illimitées.

Les soutiens de ce système, qui se résument généralement aux personnes qui en profitent et à celles qui trouvent un intérêt dans l’élargissement du champ d’action de l’État, veulent l’excuser en ce qu’il incarnerait la solidarité nationale. Ils oublient cependant de signaler que c’est une bien piètre « solidarité » celle qui voit les salariés du secteur public ou de certaines niches écraser de leurs droits à la retraite le commun des mortels du privé. Et qu’il est encore moins solidaire de se payer des pensions sur le dos des générations futures. Sans parler qu’elle suppose l’élimination des solidarités naturelles et réelles, comme celle de la famille : l’enfant ne cotise pas pour ses parents, mais pour des inconnus.

Un système individuel par points et capitalisation : juste en apparence, insuffisant en réalité

Face aux faiblesses et abus évidents du système actuel des retraites par répartition, il devient évident que son pendant par points individuels est nettement meilleur.

Ici, le travailleur cotise pour lui-même. Il prépare sa pension de retraite tout en pouvant préserver en capital ce qui lui permettra de l’obtenir. L’exemple suisse est patent : il se crée un capital, qu’il pourra investir lors de son départ à la retraite dans des forêts (investissement sûr, utile et de long terme) pour en tirer une pension de retraite. Cette dernière sera équivalent à celle touchée par un salarié français à cotisations égales, sauf que ce dernier n’aura un capital. Surtout, il y a décalage d’une génération : les jeunes Français paient pour leurs vieux retraités, tandis que le retraité suisse s’est payé lui-même sa retraite, et pourra en plus transmettre un capital à ses enfants !

Dans le cas hexagonal, il n’y a pas mieux pour provoquer une fracture entre les générations. Dans la situation suisse (et pourtant nous ne sommes pas des inconditionnels de la Suisse, loin s’en faut), il n’y a rien de plus efficace pour enrichir un pays. Pour rappel, sachez que le revenu moyen par habitant était le même en Suisse et en France en 1974. Aujourd’hui, celui des Helvètes est le double du nôtre. Vous avez tout compris…

C’est en cela qu’un strict système individuel par points et capitalisation n’est juste que s’il se prolonge d’un état d’esprit traditionnel, préparant l’avenir des générations suivantes. On mesurera là toute la différence qu’il y a entre un système juste et équitable d’un côté, et la proposition française actuelle de l’autre. L’un des résultats en est, encore une fois, la destruction des familles, l’atomisation de la société (alors même qu’on prétendait – faussement, bien sûr – encourager par les répartitions la solidarité nationale) et la dilapidation.

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