Ces dernières semaines, le mouvement de contestation contre la PMA (« procréation médicalement assistée », selon l’acception officielle dans les lois de la République française) sans père se structure, se fait entendre et prend de l’ampleur.

Évidemment, de prime abord, il ne peut sembler que bon et juste de s’opposer à la nouvelle législation proposée par le gouvernement Édouard Philippe et ses serfs parlementaires, dans la mesure où elle marque une avancée supplémentaire dans la marche de la décadence. Comme toujours, on croyait avoir touché le fond, mais il y avait encore de quoi creuser…

Cependant, aussi honorable l’opposition officielle à la nouvelle PMA soit-elle, et aussi ineptes les arguments de ses contempteurs soient-ils, force est de constater que cette première souffre de quelques failles, lesquelles consistent principalement en concessions. De glissement en glissement, on finit par s’opposer à un nouveau glissement tout en reconnaissant implicitement, voire en s’appuyant, sur un précédent glissement. Et c’est là où le bât blesse.

Une PMA encore plus mensongère

On le sait, la famille et ses principes ne sont plus trop à la mode chez les politiciens de profession de la République française. Il ne serait pas facile de trouver une année, voire un seul mois, où une mesure destructrice n’ait pas été prise en la matière, ne serait-ce que de façon symbolique.

Aujourd’hui, il est question de permettre à une femme seule ou fréquentant une autre femme de bénéficier légalement d’un plein accès à la PMA ou « procréation médicalement assistée », nom officiel de l’insémination artificielle à l’usage des êtres humains (à l’heure des élucubrations au sujet de l’« émancipation des femmes » ou de l’« égalité hommes-femmes », voilà que ces dernières sont volontiers ravalées au rang de vaches Prim’Holstein !). Jusque-là, la PMA avait normalement conservé dans ses conditions des normes médicales, ou plutôt pseudo-médicales, en ne concernant que les couples où régnerait un problème d’infertilité.

Désormais, la boîte de Pandore s’ouvre plus largement encore. Les actes de naissance consécutifs à ces PMA de nouvelle génération pourront être falsifiés de façon à ne faire apparaître que le nom de deux mères, indépendamment du « donneur » de spermatozoïdes. Juridiquement, c’est la porte ouverte à la GPA (« gestation pour autrui ») dont la technique est quant à elle absolument identique.

Des arguments volontairement laissés de côté

La Manif pour tous met en avant un grand nombre de réalités, tout à fait indéniables. Elle oublie cependant des principes supérieurs, comme cela avait déjà été le cas lors des contestations contre le dispositif législatif Taubira.

Autoroute vers la GPA, marchandisation du corps, PMA sans père, accès à l’eugénisme (car la deuxième mère voudra bientôt que l’enveloppe de l’ovule de sa pépé soit remplacée par la sienne, entre autres), remboursement inadmissible par l’assurance maladie…

Mais, vous le remarquez bien, si la PMA sans père est refusée, la PMA « classique » homogène, elle, ne l’est pas. Pourtant, la vraie boîte de Pandore, c’était elle. La dissociation de l’acte conjugal et de la procréation, inconcevable dans l’ordre des choses, est déjà au cœur de son modus operandi. À partir de là, tout est permis ; l’omnipotence techniciste n’est pas remise en cause loin s’en faut.

Il y avait la même chose face au « mariage pour tous ». En effet, il aurait été opportun de rappeler que dans le contexte civil le mot de « mariage » était en soi une contrefaçon ; et que le « mariage civil » devait lui aussi être combattu et aboli. Son existence même, dès l’origine, couvait tous les désordres actuels et à venir, donc le divorce et l’union de personnes de même sexe, en attendant les unions de groupe.

Or, la Manif pour tous vociférait contre la « dénaturation du mariage », sans remarquer que le « mariage civil » (« concubinage légal », disait des observateurs plus attentifs jadis…) était lui-même une dénaturation du vrai mariage. Bossuet pouvait s’écrier : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »

2 pensées sur “Les failles de l’opposition contre la nouvelle PMA”

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