Nous attirons l'attention sur le fait que cette recension se compose de plusieurs parties. Les premières paraîtront sans doute extrêmement dures à notre lecteur, voire injustes ; mais il ne faudrait pas s'arrêter à ces prémices, car par la suite le personnage nous est apparu très sympathique, et d'autant plus honorable en contraste par rapport aux débuts de sa course. Nous le considérons même comme l'un des « politiciens » les plus sympathiques de l'entre-deux-guerres, tout comme les qualités de son biographe dépassent de loin celles de la plupart des auteurs du temps.

Il y a quelques semaines, nos bons amis N. et N. X. m’ont très aimablement offert une récente biographie de l’homme d’État André Tardieu, portant le sous-titre L’incompris, écrite par Maxime Tandonnet et publiée aux éditions Perrin à Paris (fin 2018).

Incontestablement, le livre s’avère intéressant, mais il laisse une impression fort mitigée, quoique je sois encore loin de l’avoir terminé, en raison des ambiguïtés du ministre, de sa famille, de son milieu et du régime qu’il a daigné servir : la IIIe République.

Le premier élément qui choque à sa manière, très révélateur d’un environnement et d’une époque, est le malthusianisme pratique, quoique probablement inavoué et inconscient, des parents du protagoniste de l’ouvrage. Ceux-ci, se disant pourtant catholiques, se sont contentés d’une maigre progéniture de deux enfants : le fameux André Tardieu, et sa petite sœur qui contracterait un mariage avec le neveu Waldeck-Rousseau – une alliance particulièrement antipathique de prime abord.

Les contradictions, en un mot le libéralisme, des parents Tardieu se lisent encore dans leur tolérance, quoique relativement indignée, de l’impureté chez leur aîné qui, entre dix-huit et vingt et un ans, ramène au vu et au su de tous des conquêtes féminines (dont on préfère ignorer la « qualité ») au domicile familial. Ses géniteurs ne semblent y trouver à redire qu’en raison du qu’en-dira-t-on : la quintessence des apparences bourgeoises à « sauver », prétendument…

2 pensées sur “André Tardieu, compris ou incompris ? (1re partie)”

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