Sur le papier, en principe, on devrait dans l’absolu pouvoir se réjouir de la diminution progressive du nombre de maternités ouvertes en France. Un peu comme la suppression d’écoles à la campagne : c’est toujours un peu moins de lieux de propagande mondaine, et éventuellement un gage d’assouplissement des lourdeurs pesant sur les foyers ruraux instruisant à domicile, comme c’est de nature, leurs enfants. Par esprit de parallélismes, on pourrait donc espérer que la fermeture de centres de maternité soit le présage d’une libéralisation des accouchements à domicile, forme la plus naturelle et préférable de naissance. Mais non, malheureusement…

Des chiffres révélateurs

Les fermetures contemporaines de maternités sont très révélatrices : d’une part, parce qu’elles indiquent que les naissances ne sont pas dans la priorité du gouvernement et de beaucoup de Français ; d’autre part, parce qu’elles dénotent de l’abandon par les pouvoirs publics des territoires ruraux qui continuent pourtant d’alimenter physiquement et fiscalement les métropoles et consorts. Ce sont, en parlant net, des territoires perdants.

Surtout, ce qui a lieu d’inquiéter, c’est que face à l’abandon des maternités en dehors des métropoles largement métissées il y a une réelle volonté de faciliter – si cela était encore possible ! – l’accès à l’avortement, d’en multiplier le nombre, etc. Là, tous les moyens sont bons pour supprimer des vies.

Les maternités en voie de disparition

Ici, les chiffres sont très éloquents, et leur portée symbolique remarquable. Depuis les années 1970, soit le moment même où la République dépénalisait l’infanticide in utero et juste après la légalisation de la stérilisation chimique, le nombre de maternités en France a chuté de deux tiers, si l’on en refait le compte un demi-siècle plus tard, c’est-à-dire aujourd’hui.

Beaucoup se souviennent, et pas seulement parmi les plus anciens, de ces petites maternités faisant jadis partie du paysage de chefs-lieux de canton relativement modeste…

Désormais, les maternités sont des structures énormes et déshumanisées dans des centres hospitaliers universitaires qui ont tout pour dégoûter. Pensons à l’hôpital de Poitiers, qui ressemblerait presque à une ville… De la même façon que les canards gras naissent par centaines de milliers dans quelques naissoirs seulement, nos épouses sont sommées d’aller accoucher en des lieux exclusivement réservés, où elles côtoient les donneurs de mort et les inséminateurs… Quelle belle époque !

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