Avec un tel titre, rappelant le slogan « la France aux Français », on a de quoi être voué aux gémonies… Il s’agit pourtant à la fois d’un constat et d’une uchronie.

La faute aux déserteurs

Eh oui, de plus en plus, bien évidemment en commençant par les aires urbaines, la France présente un visage de moins en moins français. Parce que le Languedoc n’est plus languedocien, la Bourgogne n’est plus bourguignonne, la Picardie n’est plus picarde, et ainsi de suite. C’est à peine si certaines provinces résistent un peu mieux, comme la Bretagne, le Pays basque, le Béarn, la Catalogue, l’Alsace ou la Gascogne, se laissant toutes peu à peu grignotées…

Et contrairement à ce que des esprits bien-pensants voudraient croire par facilité, ce n’est pas d’abord aux populations allogènes que nous jetterons la pierre. Les premiers coupables sont les déserteurs. Et moins les déserteurs de l’extérieur qui quittent la France pour aller travailler à l’étranger. Qui aux États-Unis, en Inde, en Thaïlande… Ils sont des symptômes révélateurs avant tout.

Les pires sont sans doute les déserteurs de l’intérieur. Ces « Français de souche » (potentiellement issus d’immigrations européennes antérieures) ne sont eux aussi, pour certains, que des Français de papier. Ils ont perdu tout rapport réel et charnel avec leur histoire, leur culture, leur langue, leur civilisation.

Cette désertion de l’intérieur est très attristante

Aujourd’hui, passer d’une campagne relativement préservée à une grande ville produit un choc très violent. Bien sûr, il y a déjà l’environnement citadin tout artificiel, le bruit, la pollution, les détritus, etc. Certes, il y a des couleurs démographiques inaccoutumées. Mais il y a surtout des êtres sans consistance et sans histoire.

Une tenue par trop « décontractée » (lire : totalement négligée), une mine patibulaire dans les transports en commun, des écouteurs dans les oreilles, des vêtements à la dernière mode, des habitudes alimentaires américanisées, des mœurs dévergondées, l’absence de culture solide, l’individualisme, un abonnement à Netflix… Le Français moyen d’aujourd’hui n’est pas enviable par rapport à la petite racaille banlieusarde d’arrivée plus récente (par exemple). Et pourtant, il peut même prendre position contre cette dernière dans son vote. Un élément qui illustre bien l’ampleur du problème français contemporain, et le triste état de notre pays. L’Archipel français, c’est aussi cela : ce sont des « souchiens » qui le quittent et le trahissent sans cesse.

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