Le président de la République française Emmanuel Macron considère que les règles de limitation des déficits est un « débat d’un autre siècle ». Cela signifie qu’à son sens le déficit budgétaire est une bonne chose, mais qu’il peut – et doit – en plus excéder les 3 % réglementaires au sein de l’UE ! Une erreur extrêmement périlleuse, mise en pratique depuis quarante ans, et qui nous a menés là où nous en sommes… Au bord du précipice.

Les limites de la technocratie macro-économique

Beaucoup de pseudo-experts et de technocrates ont volontiers recours à la notion de macro-économie. Avec différents échafaudages, ils se vantent de miser sur les « flux ». Ils élaborent, eux qui en profitent grassement il est vrai, de même que leurs affidés politiques, une armature théorique qui donne à certains l’illusion de croire que le système capitaliste déficitaire peut se maintenir éternellement.

Cependant, le réel finit par revenir au galop. Le bon sens et le sens commun identifient à la matière des constantes. Celles-ci valent en haut comme en bas. La gestion « en bon père de famille » reste un modèle. Il ne viendrait à personne l’idée de penser que le déficit budgétaire d’un ménage serait une bonne chose, et il en est de même de la sphère publique. Cela devient d’autant plus grave que les dépenses ne sont pas des investissements, mais du fonctionnement. Et même les investissements sont à regarder de travers lorsque par leur caractère récurrent ou permanent ils deviennent une nouvelle colonne, à peine cachée, des dépenses de fonctionnement…

3 % du PIB pour les État membres ; 1 % pour l’Union européenne

Le choix d’un déficit budgétaire inférieur à 3 % du PIB d’un État membre est sans doute arbitraire. En bonne logique, il aurait fallu reprendre la même règle d’équilibre qu’au début du XIXe siècle : 0 déficit. Cette norme, constitutionnalisée en Suisse, apporte de bons résultats. La dette publique helvétique fond (ce que commencent à imiter certains pays comme l’Allemagne et la Hongrie). Et rappelons qu’en 1974 le revenu moyen par Suisse était identique à celui des Français. Aujourd’hui, depuis quelques petites années, il est deux fois plus important (et la vie n’y est pas deux fois plus chère).

Le capitalisme actuel n’est qu’une course effrénée contre la montre. Il consiste en grande partie à produire de l’argent qui n’existe pas, en abusant de la confiance des acteurs économiques. La suprême habileté est de créer de la monnaie pour la prêter ensuite… et la re-prêter… Certains s’enrichissent au passage. Il faut être naïf pour croire qu’il soit réellement et durablement possible pour un individu d’encaisser pour lui-même la valeur de dix tonnes de blé (par exemple) en une journée.

Ce capitalisme-là n’est qu’une course après le temps, incarné(e) par les intérêts et les modes de vie à crédit. Pour les particuliers comme pour les États… et les entreprises. La dette française, publique et privée, est incommensurables. Bien des éléments du pays sont en faillite théorique. Exemple : la dette publique française tourne autour des 100 % du PIB, alors que l’adhésion à l’Union européenne ne devrait pas tolérer une dette étatique supérieure à 60 % du Produit intérieur brut.

Emmanuel Macron croit que l’Allemagne tire profit de la zone euro actuelle. C’est vrai, dans un certain sens : le sens économique moderne. Mais c’est en réalité totalement faux puisque cette nation continue de perdre ses traditions et de décliner démographiquement.

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