Dans le monde entier, des contestations plus ou moins solides sont nées en s’inspirant des Gilets jaunes. Là où les répressions sont musclées, les dirigeants donnent volontiers l’exemple de l’exécutif français en guise d’exemples. Nous savions que les policiers et gendarmes étaient au rendez-vous à chaque manifestation. Il y a eu des blessures, des handicaps, des yeux crevés ; et des ordres dont la légalité peut paraître douteuse. De même, les manifestants déférés devant les tribunaux ont eu droit à tout sauf à de la clémence. Surtout si l’on compare les jugements rendus avec des faits plus graves en banlieue… Et c’est d’ailleurs le très consensuel et établi quotidien Le Monde qui nous avoue que la réponse pénale face au mouvement est « sans précédent ».

Des chiffres délirants

Et ce n’est peut-être pas fini… ! D’aucuns nous annoncent la renaissance du mouvement de ses cendres, tandis que des mobilisations transverses s’annoncent exceptionnelles, à l’instar de la journée d’actions prévue pour le 5 décembre 2019.

Quoi qu’il en soit, en un peu moins d’un an, le mouvement des Gilets jaunes a donné lieu à plus de dix mille gardes à vue dans toute la France. Les condamnations se dénombrent à trois mille cent, dont quatre cents ont débouché sur de la prison ferme avec incarcération immédiate, ce qui est pour le moins draconien. Un comble dans un pays où beaucoup se plaignent du laxisme de la justice… et peut-être spécialement parmi les manifestants !

Le rappel au monopole de la violence

Ces faits témoignent d’une réalité. C’est que les États modernes se sont arrogés le monopole de la violence, affublée pour l’occasion de l’adjectif qualificatif « légitime ». Et ils conservent jalousement ce privilège, auquel ils tiennent farouchement. Beaucoup l’ont oublié et agi comme si de rien n’était – ce qui d’ailleurs est très intéressant du point de vue de l’histoire des mentalités et contribue à bien décrire le contexte social explosif de nos jours.

Jadis, les révolutionnaires rouges se croyaient investis d’une justice supérieur pour se heurter aux forces de l’État. Aujourd’hui, bien des manifestants violents ne reconnaissent plus ce dernier et se placent sur un pied d’égalité avec ces dernières.

L’ampleur de la répression pénale, concernant parfois des faits qui n’aboutissent à aucune peine lorsqu’ils ont été commis par d’autres populations et dans d’autres circonstances, est en elle-même un enseignement. Clairement, l’objectif des cercles de pouvoir a été de faire des exemples pour dissuader les imitateurs. Et il semblerait que cela ait fonctionné, du moins pour l’instant. Cette vieille recette a très souvent fonctionné par le passé, mais il est arrivé qu’après un temps d’accalmie elle ait d’autant plus emballé la machine, la mesure ayant été dépassée. À suivre donc…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *